Soweto, les dernières années de l'apartheid - Lily Franey

Un homme en colère après la destruction de sa maison par les racistes, région de Moghopa, 1989

A la demande de diverses organisations françaises anti-apartheid qui souhaitaient nouer des liens avec la résistance intérieure encore clandestine, c’est à deux reprises que je me suis rendue en Afrique du Sud. En 1989 encore sous le régime de l’apartheid, et en 1990 après la libération de Mandela.

La carte de presse n’étant pas un gage d’un bon accueil des autorités racistes, j’ai fait le choix de partir avec un visa touristique. C’est au cœur de Soweto que j’ai rencontré Emmanuel Lafont, curé, seul blanc vivant dans le township. Militant actif des droits de la personne humaine, proche de Nelson Mandela et engagé auprès de L’African National Congress, ANC. Emmanuel me prémunira et me soutiendra dans mon travail photographique. 

Ma démarche étant d’être toujours aux côtés des plus démunis et de ceux qui souffrent, les images de cette exposition sont des témoignages de ce que fut le dur vécu du peuple Sud Africain pendant toutes ces années.  Les écoles déplorables, surchargées, vétustes. Les bidonvilles de Soweto. Le déplacement des populations à Orange Farm, lieu désertique, sans aucune commodité, ni infrastructure. Les conditions de vie affligeante des travailleurs, isolés dans des Men’s Hostel. La répression et la violence policière envers les syndicalistes cheminots. La destruction des maisons dans les campagnes, où règne la peur et le racisme perpétuel.

Bien que vigilante, une agression avec vol de mon matériel a interrompu mon reportage. Déterminée, j’ai renouvelé mes appareils, mais, il devenait trop dangereux que je puisse continuer seule. Ce fût ma rencontre avec l’ANC qui me présenta deux jeunes pour me guider et me protéger. Pourtant, à un rassemblement de farouches partisans de l’apartheid, ouvertement nazis, dirigé par Eugène Terr’Blanche, je fus bien obligée de laisser mes deux amis à l’écart des endroits réservés aux blancs pour aller, la peur au ventre, faire quelques clichés. 

Avec la libération des premiers prisonniers politiques en 1989, l’ANC sort de la clandestinité et s’affiche de plus en plus ouvertement. Plus dans mon élément, j’ai pu rencontrer les syndicalistes et certains dirigeants, comme, Walter Zisulu et Ahmed Kathrada, et couvrir les meetings et les rassemblements qui se multipliaient.

La libération de Mandela le 11 février 1990 sera accompagnée par la légalisation officielle de l’ANC. En mai, Mandela accueillera Alfred Nzo, secrétaire général de l’ANC et Joe Slovo, secrétaire général du parti communiste sud-africain de retour d’exil. Ce retour sera célébré par un rassemblement symbolique au grand stade de Soweto.

Descriptif technique

Photographies : Couleur et Noir et blanc

Descriptif : 41 photographies 40x50cm imprimées sur panneau PVC 4mmm

 1 texte imprimé sur panneau PVC 40x50cm

Conditionnement : 2 paquets

Valeur d'assurance : valeur par photographie : 700 € / valeur globale: 28 700 € / panneau texte : 500 €

Tarif de location : Nous contacter

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