Nora Dumas - Nora Dumas

Le labour

"Après l’effroyable massacre des guerres, Nora Dumas retrouve la terre, et les odeurs de la pluie…

Il reste comme un souvenir des tranchées dans l’image d’une chaussure et d’une roue de charrette maculée de boue… La guerre, en effet, est toujours une défaite. On ne savait pas encore que ce n’était pas la dernière…

Famille de femmes, d’enfants et de vieillards, familles sans homme adulte (on peut lire le nom des hommes sur le Monument aux Morts du village), familles définitivement incomplètes, réunies autour de vos tables et devant vos assiettes de soupe, vous êtes belles comme des victimes de Goya !…

On retrouve les images de Nora Dumas comme celles de souvenirs lointains…Ce sont les images d’enfances antérieures… des images qui correspondent d’une certaine manière aux textes de Giono ou aux films de Marcel Pagnol (un Pagnol normand) avec ici ou là, dans des images d’intérieur, quelques accents de Mauriac.

Des hommes et des femmes, des paysans, comme mis en scène… L’organisation visuelle de choses fondamentales : la terre, le labour, le pain, le vin, la semence, la fatigue, la tendresse.

Nora Dumas confirme cette tradition « rurale » qui, depuis les Heures du Calendrier (les Très Riches Heures du Duc de Berry) jusqu’aux frères Le Nain, Millet, Van Gogh, arrivera à la photographie d’un Albert Monier ou au cinéma d’un Georges Rouquier.

Elle a une façon bien à elle de voir le paysan. Elle cadre très bas, presque au ras de la terre…
Le personnage en est grandi ; le semeur et le garde-champêtre reprennent toute leur puissance symbolique.

Aucune recherche d’effets faciles, aucun pittoresque. Et si le pittoresque est venu, c’est de manière inattendue, en laissant filer le temps, par le silence, comme un arbre sourd et sort de la terre.

Ces images donnent à rêver. On souhaiterait que quelque romancier écrive là-dessus l’histoire de ces gens. On souhaiterait qu’un excellent cinéaste mette bout à ces photographies et les fasse bouger pour nous montrer ce qui s’est passé avant et ce qui passera après.

Ces images débordent de tous leurs encadrements". 

 

Paul Jay

Conservateur du Musée Niepce

Descriptif technique

Photographies : Noir et blanc

Descriptif : 25 tirages 30x40cm sous marie-louise 40x50cm

Conditionnement : 1 valise

Valeur d'assurance : valeur par photographie : 700 € / valeur globale : 17 500 €

Tarif de location : Nous contacter

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