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Edouard Boubat

Edouard Boubat

Thème capital chez Boubat, sa ville, son Paris où il naît en 1923. Il passe son enfance à Montmartre puis fait ses études à l’Ecole Estienne entre 1938 et 1942 et entre  dans un atelier de photogravure. Après la guerre, il travaille en usine et le dimanche s’initie à la photographie. Il réalise «La petite fille aux feuilles mortes», image à l’origine d’un autre de ses thèmes favoris : les enfants.

En 1947, il rencontre Lella, sa muse  qui fût la première femme à poser pour lui et avec qui il réalise quelques-unes de ses photographies les plus célèbres. En 1951, il expose à la galerie La Hune en compagnie de Brassaï, Izis, Doisneau et Facchetti. Albert Gilou, directeur artistique de Réalités (mensuel fondé en 1946 où publiaient  les grands photographes de l’époque) l’engage sur-le-champ. Il devient alors collaborateur permanent  de ce magazine  qui l’envoie dans plus de trente pays : Kenya, Inde, Espagne, Portugal, Brésil, Chine… Il en rapporte à chaque fois des images qui n’appartiennent qu’à lui, immédiatement repérables par leur élégance.

Rapidement, sa singularité, son talent sont reconnus en France et à l’étranger. Il expose dans le monde entier : Musée d’Art Moderne de Stockhom en 1967, Art Institute de Chicago, Centre Georges Pompidou à Paris en 1976, Musée Carillo à Mexico en 1978, Southavra en Australie en 1980 , Witkin gallery à New York en 1982, Musée d’Art Moderne de Rio en 1984, Musée d’Art moderne de Séoul en 1987, San Francisco en 1989, Musée Carnavalet à Paris en 1990 notamment, et  obtient de nombreux prix (Prix Kodak en 1947, Grand Prix National de la Photographie en 1984, Prix de la Fondation Hasselblad en 1988).

En 1976, il publie son premier grand livre « La Survivance ». Cet ouvrage récompensé du Grand Prix du Livre en Arles en 1977,  sera suivi de nombreux autres, dont « Pauses », « Lella », « Les Boubat de Boubat », « Amoureux de Paris », « Comme avec une femme », « Carnets d’Amérique », « La vie est belle »…    Jacques Prévert a célébré en lui « un correspondant de paix » et de nombreux écrivains se sont associés  à ses livres : Antoine Blondin pour « Anges », et « Mes chers enfants », Bernard Noël pour « Jardins et Squares », Michel Tournier pour « Miroirs, portraits d’écrivains »,  et « Vues de dos », Christian Bobin pour  « Donne moi quelque chose qui ne meurt pas ».

En 1995, il effectue son dernier grand reportage aux Caraïbes.  En 1999, il expose son travail «Lumière de la mer» au premier festival Terres d’Images à Biarritz. Il meurt à Paris  la même année.

« Tel il était, tel il a vécu, inchangé pendant ces années : un poète vivant dans un monde onirique dont il avait la clef. Un monde où on n’entrait qu’en chuchotant  et dont la description s’accompagnait de gestes ondulants, avec ses longues mains rappelant son amour du piano ».

Raymond Grosset

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